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3 - L'ARTISANAT

LA VERRERIE DE L’ISLE


Sous le règne de René II, roi de Naples et de Sicile et aux environs de la fondation du couvent des Cordeliers, il est retrouvé trace des premières pièces officielles d’une industrie raonnaise. La quantité de forêts et le bas prix des bois amènent la fondation de nombreuses verreries malgré que ce marché est déjà florissant à l’époque de René 1er. Les verriers assimilés aux nobles jouissent de privilèges considérables.

Au 15ème siècle, un établissement d’une verrerie royale est créée à Raon. Celle verrerie dont la renommée semble dépasser les limites locales se situe sur l’actuel îlot de la Verrerie a (emplacement du motel L’Eau Vive actuellement museomotel). Ayant une importante réputation au temps du Duc Antoine, il se déclare que « les miroirs se transportent par toute la chrétienté ».. L’auteur de cette verrerie est un nommé riche et puissant De LUSSE, natif de ce village qui vient s’établir à Raon. Elle est abandonnée à la suite d’imitations. Il es susceptible que cette verrerie soit cédée par la suite à FRICHE Jehan.

LES FAÏENCERIES

Le XIXème siècle marque une période de renouveau pour la céramique. Considérée jusque-là comme une composante des arts décoratifs, elle devient un art à part entière. Par le passé, le territoire de Raon l’Étape est riche de deux faïenceries.

LA FAÏENCERIE DE LA TROUCHE 
(1791-1866)





Après autorisation du 26 juillet 1791, la première faïencerie se crée à La Trouche, hameau de la commune de Raon l’Étape. 

Implantation de la faïencerie

C’est François CALOT, né à Saint-Clément (54) en 1739, ancien maître exploitant bailleur d’une faïencerie de Pexonne (88), qui la fonde. Il construit deux fours près de la forêt et obtient la concession d'un terrain pour bâtir un moulin à cailloux. La mort de son épouse Marie SIMON à 43 ans, le 10 avril 1792, l'empêche de mener à bien des projets car il n'est propriétaire que de la moitié de la manufacture et usufruitier de l'ensemble. Les sœurs et frères (13 enfants au total) de sa femme possèdent l'autre moitié. 

Le 13 mai 1799, cet établissement est vendu aux enchères publiques à Simon BARTHELEMY, négociant et à Charles Maurice DUBRAS, rentier. Tous deux de Raon l'Étape et beaux frères. Ils ne sont pas du métier mais grâce à leurs moyens financiers, ils font venir des ouvriers permettant à la fabrique de fonctionner. 

Ceux-ci vendent la faïencerie en 1803 à VAUTRIN Louis Goery (1773/1830) d’Épinal,issue d'une grande famille faïencière lorraine qui en devient propriétaire. En 1806, l'atelier est en pleine prospérité et occupe douze ouvriers produisant 24 000 pièces par année vendues dans tout l'empire français. Il est fabriqué de la faïence brune et blanche avec décorations. Louis Goery VAUTRIN meurt en 1820 laissant deux enfants dont Nicolas, l'aîné. Ce dernier n'a pas encore 20 ans et dirige alors la manufacture. Il se qualifie de "fabriquant de faïence" aidé par son oncle Claude VAUTRIN, ancien propriétaire d’une faïencerie à Épinal. Nicolas décède le 13 septembre 1843 mais sa veuve Marie Thérese DELONG reprend la succession. Elle confie la direction à Joseph MALGRAS, faïencier de métier. 

En 1849, celui-ci demande l'autorisation d'établir à son compte une autre faïencerie à Raon l'Étape car il exploite la petite de La Trouche en tant que locataire. Il quitte ainsi l'entreprise en 1850. C'est à nouveau le fils aîné de Nicolas VAUTRIN, Pierre Nicolas qui peut prétendre à cette exploitation toutefois lui aussi décède en 1851 à l'âge de 18 ans. Sa mère Marie-Thérèse DELONG rachète cette même année à son beau frère Claude VAUTRIN puis aux autres héritiers, leurs droits sur l'usine pour prendre la raison sociale de"Veuve Nicolas VAUTRIN" qui reste telle jusqu'en 1863. Néanmoins, d'autres personnes ont l'intention de monter une fabrique dans le hameau. 

Le 27 août 1861, Louis BLOCH faïencier demeurant au village de La Trouche, demande au préfet du département des Vosges de pouvoir construire une faïencerie dans sa propriété. A l’issue de cette autorisation formulée, une enquête de riverains fait ressortir un refus à l’implantation de cette annonce malgré la permission accordée le 5 novembre 1861. Ce nouveau atelier de faïencerie ne donne alors jamais lieu à sa construction. 
En 1865, madame DELONG vend à son tour son entreprise à un jeune de 19 ans, employé de commerce de Lunéville, Félix Ernest PETITMANGIN. Ce débutant est aidé par ses parents mais un incendie survient dans la nuit du 23 au 24 juin 1866 qui détruit tous les bâtiments et marchandises de la manufacture. Les bois sont réduits en cendres. Par la suite, les ruines sont cédées aux enchères en novembre 1866 à Charles BONTEMPS, manager de La Trouche qui s' intéresse plus aux sols qu'à la construction. C’est ainsi la fin de la faïencerie de La Trouche qui à existe depuis trois quarts de siècle. Mentionnons qu’au musée de Saint-Dié-des-Vosges se trouve le service de table décoré par Émile GALLE, réalisé dans la faïencerie Adelphe MULLER et dont un exemplaire est offert par le gouvernement français à la reine de Roumanie en 1889.

Elaboration de reconstruction de la faïencerie 

LA FAÏENCERIE DE RAON

La seconde faïencerie est fondée en 1849 à Raon l’Étape. En lieu et place de la rue André Brajon. A la suite d’une faillite, l’affaire est rachetée par le notaire Nicolas AUBRY mais le fils de celui-ci ne manifestant aucun intérêt pour la faïencerie, c’est l’époux de sa fille monsieur MÜLLER Adelphe qui prend les commandes de l’entreprise. Aidé par Joseph MALGRAS et ses ouvriers, monsieur MÜLLER développe cette industrie qui modernise. Il fait installer une machine à vapeur, mécaniser certaines activités de la faïencerie et l’entreprise prospère.. Cette dernière occupe treize ouvriers en 1845. Elle utilise 250 mètres cube d’argile et de terre de pipe, 2400 kilogrammes de plomb, 500 kilogrammes d’étain et 750 stères de bois pour ses fours.


A la même époque, le céramiste Émile GALLE, né le 4 mai 1846 à Nancy (54), fils de Charles ayant fait fortune dans la porcelaine, arrive donc à l'âge de 36 ans pour travailler à la faïencerie se tourne vers les ateliers de monsieur Adelphe MÜLLER. Il lui loue deux pièces pour s’installer à l'emplacement du bâtiment BAUER Confection. 

En 1866, il est fournisseur officiel du palais des Tuileries. 

A compter de 1867, il embauche quatre graveurs afin de produire lui-même. L’intérêt d’Émile GALLE pour la céramique est indissociable du rôle précurseur tenu par son père Charles, peintre sur porcelaine de formation dont ce dernier devient un négociant avisé de céramiques et de verreries. Après son mariage avec Fanny REINEMER, Charles reprend le magasin de porcelaines et cristaux de sa belle-mère, Marguerite REINEMER. Son expérience lui permet d’étendre ses activités qui restent toutefois limitées à la vente de produits fabriqués en sous-traitance par la manufacture de Saint-Clément. 

En 1875, Charles collabore avec la manufacture vosgienne de terres réfractaires située à Raon l’Étape (Vosges) et confie ainsi à son fils Émile, la direction d'un atelier de décors dans cette faïencerie appartenant à Adelphe MULLER. 

Ce n’est seulement qu’en 1878 que Émile GALLE prend la succession de l‘entreprise familiale de son père. GALLE devient alors fabricant à part entière. Après avoir racheté des moules à Saint-Clément, il utilise ceux-ci avec Adelphe MÛLLER. De nombreuses pièces et services prestigieux sortent des fours raonnais, décorés puis signés « E. Gallé Raon ». D’autres passent entre les mains de Pauline MEYER épouse de Louis SADOUL. Cette dessinatrice de talent personnalise certains services par des scènes de la vie quotidienne, d’animaux, de faits d’actualité de l’époque, de fleurs… aux alentours de 1870. La même année, Émile s’unie avec Henriette GRIMM. 

Dès 1876, les GALLE collaborent avec le jeune Louis HESTAUX qui détient dans l’art du verre, le second, l'associé puis le successeur d'Émile. Les GALLE possèdent à Raon, un four et un atelier de décor pour la céramique jusqu’en 1898. Si la faïence est à l’origine des recherches d’Émile Gallé, c’est dans la verrerie qu’il fait éclater son génie : marqueterie sur verre, verre camé, verre soufflé à plusieurs couches. GALLE Émile ainsi à contribution, offre des présents aux personnalités : en 1892, un vase est proposé en présent à l'épouse du président CARNOT puis en 1893 à l'occasion du passage de l'escadre russe à Nancy, le Tsar reçoit une table Gallé. Les dernières créations de la faïencerie MÜLLER dates de 1898, peu de temps avant l’arrêt définitif de la fabrication. Cependant, Émile Gallé s'éteint, le 24 septembre 1904, terrassé par la maladie de leucémie à l'âge de 58 ans, laissant derrière lui une œuvre majeure de la fin du XIXe siècle.

LA PRODUCTION CÉRAMIQUE DE GALLE


La production céramique d’Émile GALLE, tant les formes et les décors sont variés et finalement inclassables. GALLE oriente surtout ses recherches dans la faïence stannifère, les services de table et la « fantaisie », cette dernière étant née du goût de l’époque pour les bibelots. Contrairement à son père, GALLE Émile porte un vif intérêt au grès, matériau à la mode au milieu des années 1880. De belles pièces, qualifiées de «genre grès artistique» sont présentées en 1889. Ses grès sont en réalité des effets obtenus sur des pâtes à faïence fine. Ainsi, Émile GALLE produit essentiellement de la faïence stannifère décorée avec de l’émail de différentes couleurs. 

Dans les années 1884-1889, il multiplie les expériences techniques appliquant celles du verre à la céramique : la pointe du graveur sur verre utilisée sur la terre molle ou la terre cuite permet de dessiner les contours des compositions ; l’acide fluorhydrique patine les ornements ; la meule ou la roue entame l’émail pour faire apparaître les motifs et les figures. À la fin des années 1890, GALLE est cependant contraint d’abandonner son métier de céramiste en raison d’une certaine désaffection du public pour la céramique.
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